Les accents.

En été, un zèbre qui mangeait des glaçons a trébuché sur un bâton. Aïe !

Les accents sur « e » :

Un « e » ne peut être accentué que s’il termine une syllabe :

  • res/pec/ter
  • é/té
  • mè/re

Pour cette raison, on ne met jamais d’accent devant une consonne double ni en fin de mot devant « f », « r », « z » :

  • ef/fec/tu/er
  • ser/rer
  • clef
  • man/ger
  • nez

On met un accent aigu sur « e » lorsqu’il termine une syllabe. Il se prononce alors /e/ :

  • ké/pi
  • é/lé/met

On met parfois un accent aigu en fin de mot, devant « e » :

  • rentrée
  • lycée

On met un accent grave sur « e » lorsqu’il termine une syllabe et que la syllabe suivante contient un « e » muet. Il se prononce alors /ε/.

  • pè/re
  • rè/gle

On met un accent grave en fin de mot, quand le mot se termine toujours par « s » :

  • très
  • succès
  • progrès

Les accents sur « a » et « u » :

Ils servent uniquement à ne pas confondre certains homophones, comme :

  • « a » (verbe avoir) et « à«  (préposition)
  • « la » (déterminant ou pronom) et « là«  (préposition),
  • « ou » (conjonction de coordination) et « où«  (pronom relatif).

L‘accent circonflexe joue parfois ce rôle également :

  • « tache » (salissure) et « tâche » (travail) (attention : dans la prononciation standard du français, ces mots ne se prononcent pas de la même façon).

La cédille :

On met une cédille devant « a, o, u » pour faire le son /s/ :

  • garçon
  • lança
  • reçu

Accentuer les majuscules ?

Normalement, on ne met pas d’accent sur les lettres majuscules. Cependant, avec l’informatique cet usage se répand de plus en plus.

Les accents ont une histoire…

Le mot « accent » vient du latin accentus : « l’intonation ». C’est un signe de ponctuation placé, dans de nombreuses langues, au-dessus des lettres pour en changer le son. En français, seules les voyelles (sauf le y) peuvent porter un accent.

Les accents n’ont pas toujours existé en français, ils sont même assez récents ! Le français vient en grande partie du latin, langue dans laquelle il n’y a pas d’accent. Les accents du français viennent du grec.

Le « français » s’est imposé en France à partir du XI° siècle, et l’accent aigu a été « inventé » en 1533 seulement.

L’accent circonflexe est introduit à partir de 1604 par un groupe de femmes influentes (les « précieuses ». Molière s’est moqué d’elles dans sa pièce de théâtre intitulée Les Précieuses ridicules), surtout madame de Sévigné. A cette époque, les femmes avaient peu droit à l’instruction, peu d’entre elles savaient le latin, dont la connaissance était nécessaire pour lire correctement. Elles se servent de l’accent circonflexe pour remplacer toutes les lettres qui ne se prononcent pas. L’usage de l’accent circonflexe est officialisé à partir de 1740 seulement. Exemples : tempeste ==> tempête (latin tempestas), teste ==> tête (ancien français teste).

La cédille vient de l’espagnol («cedilla » = « petit z ». Elle n’existe plus en espagnol aujourd’hui) et se répand à partir du XVII° siècle.

L’accent grave apparaît à la fin du dix-huitième.

Il ne faut pas se fier à sa prononciation pour choisir entre les accents ! En effet, chaque région a une façon particulière de prononcer les voyelles, qui n’est pas toujours en accord avec la prononciation française standard (indiquée par le dictionnaire). Prononcez la phrase « Je bois du café au lait et il est bon » pour faire un essai…


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